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Loi n° 98-1194 du 23 décembre 1998 de financement de la
sécurité sociale pour 1999 (extraits)
Titre Ier : Orientations et objectifs de la politique de santé et de sécurité sociale
Article 1er
Est approuvé le rapport annexé à la présente loi relatif aux orientations de la
politique de santé et de sécurité sociale, et aux objectifs qui déterminent les
conditions générales de l'équilibre financier de la sécurité sociale pour l'année
1999.
Titre II : Dispositions relatives aux ressources
Article 2
I - II - ()
III et IV - Modifient le code de la sécurité sociale
Article 3 : Modifie le code de la sécurité sociale
Article 4
()
Article 5
I et II - Modifient le code de la sécurité sociale
III - ()
Article 6 : Modifie la loi n° 89-18 du 13 janvier 1989 portant diverses mesures d'ordre
social
Article 7 : Modifie le code de la sécurité sociale
Article 8
I - Modifie le code de la sécurité sociale
II - ()
Article 9 : Modifie le code de la sécurité sociale
Article 10 : Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du
Conseil constitutionnel n° 98-404 DC du 18 décembre 1998.
Article 11 : Modifie le code de la sécurité sociale
Article 12 : Modifie la loi de financement de la sécurité sociale pour 1997 (n° 96-1160
du 27 décembre 1996)
Article 13 : Modifie le code des assurances
Article 14
()
Article 15 : Modifie le code de la sécurité sociale
Article 16
I - Il est effectué, au profit du fonds de l'allocation temporaire d'invalidité des
collectivités locales, un prélèvement sur le fonds pour l'emploi hospitalier égal au
montant des sommes nécessaires à l'équilibre de ce fonds multiplié par le rapport
entre, d'une part, les charges occasionnées par le financement du congé de fin
d'activité pour la fonction publique hospitalière et, d'autre part, les charges
occasionnées par le financement du congé de fin d'activité pour les deux fonctions
publiques territoriale et hospitalière. Ce prélèvement, qui est opéré par arrêté,
peut faire l'objet d'acomptes provisionnels.
II - Il est effectué, également au profit du fonds de l'allocation temporaire
d'invalidité des collectivités locales, un prélèvement sur le fonds de compensation
des cessations progressives d'activité égal au montant des sommes nécessaires à
l'équilibre de ce fonds multiplié par le rapport entre, d'une part, les charges
occasionnées par le financement du congé de fin d'activité pour la fonction publique
territoriale et, d'autre part, les charges occasionnées par le financement du congé de
fin d'activité pour les deux fonctions publiques territoriale et hospitalière. Ce
prélèvement, qui est opéré par arrêté, peut faire l'objet d'acomptes provisionnels.
III - Modifie la loi n° 96-1093 du 16 décembre 1996 relative à l'emploi dans la
fonction publique et à diverses mesures d'ordre statutaire
Article 17
Pour 1999, les prévisions de recettes, par catégorie, de l'ensemble des régimes
obligatoires de base et des organismes créés pour concourir à leur financement sont
fixées aux montants suivants :
(En milliards de francs) |
| Cotisations effectives |
1 062,9 |
| Cotisations fictives |
194,8 |
| Contributions publiques |
63,8 |
| Impôts et taxes affectés |
438,7 |
| Transferts reçus |
5,2 |
| Revenus des capitaux |
1,4 |
| Autres ressources |
32,6 |
------------------------------------- |
| Total des recettes |
1 799,5 |
Titre III : Dispositions relatives aux dépenses et à la trésorerie
Section I : Branche famille
Articles 18 et 19 : Modifient le code de la sécurité sociale
Section II : Branche maladie
Article 20
I à IV - Modifient le code de la sécurité sociale
V - Modifie le code de la santé publique
Articles 21 et 22 : Modifient le code de la sécurité sociale
Article 23
I - Modifie la loi n° 93-8 du 4 janvier 1993 relative aux relations entre les professions
de santé et l'assurance maladie
II - Modifie le code de la santé publique
Article 24 : Modifie le code de la sécurité sociale
Article 25
I - Il est créé, pour une durée de cinq ans à compter du 1er janvier 1999, au sein de
la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés, un fonds d'aide à
la qualité des soins de ville. Les professionnels de santé exerçant en ville sont
associés à la gestion du fonds.
II - Le fonds finance des actions concourant à l'amélioration de la qualité et de la
coordination des soins dispensés en ville, par l'octroi d'aides à des professionnels de
santé exerçant en ville ou à des regroupements de ces mêmes professionnels, et, le cas
échéant, d'aides au développement de nouveaux modes d'exercice et de réseaux de soins
liant des professionnels de santé exerçant en ville à des établissements de santé.
III - Les ressources du fonds sont constituées par une participation des régimes
obligatoires d'assurance maladie, dont le montant est fixé chaque année par la loi de
financement de la sécurité sociale, et pour 1999 à 500 millions de francs. La
répartition entre les différents régimes est effectuée dans les conditions définies
à l'article L. 722-4 du code de la sécurité sociale.
IV - L'attribution de certaines aides peut être déconcentrée, en étant confiée à des
caisses locales ou des unions de caisses. Les modalités de déconcentration, de
fonctionnement et de gestion du fonds, de participation des représentants des
professionnels de santé exerçant en ville ainsi que les aides éligibles à un
financement par le fonds sont déterminées par décret en Conseil d'Etat.
Article 26 : Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du
Conseil constitutionnel n° 98-404 DC du 18 décembre 1998.
Article 27 : Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du
Conseil constitutionnel n° 98-404 DC du 18 décembre 1998.
Article 28
I : Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil
constitutionnel n° 98-404 DC du 18 décembre 1998.
II - Modifie le code de la sécurité sociale
Article 29
I et II - Modifient le code de la santé publique
III - Modifie le code de la propriété intellectuelle
IV - Modifie le code de la sécurité sociale
V - Modifie le code de la santé publique
VI - Modifie le code de la sécurité sociale
Articles 30 et 31 : Modifient le code de la sécurité sociale
Article 32 : Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du
Conseil constitutionnel n° 98-404 DC du 18 décembre 1998.
Articles 33 et 34 : Modifient la loi n° 75-535 du 30 juin 1975 relative aux institutions
sociales et médico-sociales
Article 35
I - Modifie le code de la santé publique
II - Modifie le code de la sécurité sociale
III - Les centres d'hygiène alimentaire et de soins en alcoologie disposent d'un délai
de trois mois à compter de la publication de la présente loi pour déposer une demande
d'autorisation selon la procédure visée à l'article 3 de la loi n° 75-535 du 30 juin
1975 précitée.
IV - Dans l'attente de l'arrêté fixant la dotation globale de financement pour l'année
1999, les caisses d'assurance maladie versent à chaque centre ambulatoire de soins en
alcoologie antérieurement financé par l'Etat, dont la demande d'autorisation aura été
déposée, des acomptes mensuels sur la dotation globale de financement, égaux au
douzième de la participation de l'Etat allouée à chaque centre au titre de ses
activités médico-sociales en 1998. Tout refus d'autorisation d'un centre met fin à son
financement par l'assurance maladie.
Article 36 : Modifie le code de la sécurité sociale
Section III : Branche Vieillesse
Articles 37 à 39 : Modifient le code de la sécurité sociale
Section IV : Branche accidents du travail
Article 40
I - Modifie le code de la sécurité sociale
II à IV - ()
Article 41
()
Section V : Objectifs de dépenses par branche
Article 42
Pour 1999, les objectifs de dépenses par branche de l'ensemble des régimes obligatoires
de base comptant plus de 20 000 cotisants actifs ou retraités titulaires de droits
propres sont fixés aux montants suivants :
(En milliards de francs) |
| Maladie-maternité-invalidité-décès |
697,8 |
| Vieillesse-veuvage |
781,4 |
| Accidents du travail |
53,0 |
| Famille |
256,9 |
------------------------------------- |
| Total des dépenses |
1 789,1 |
Section VI : Objectif national de dépenses d'assurance maladie
Article 43
L'objectif national de dépenses d'assurance maladie de l'ensemble des régimes
obligatoires de base est fixé à 629,9 milliards de francs pour l'année 1999.
Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil
constitutionnel n° 98-404 DC du 18 décembre 1998.
Section VII : Mesures relatives à la trésorerie
Article 44
()
Article 45 : Modifie l'ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 relative au remboursement
de la dette sociale
Article 46 : Modifie le code de la sécurité sociale
Article 47
()
Annexe : Rapport sur les orientations de la politique de santé et de sécurité sociale
et les objectifs qui déterminent les conditions générales de l'équilibre financier
Notre système de protection sociale assure la garantie de droits fondamentaux et
constitue un outil majeur de solidarité et un puissant vecteur de cohésion sociale.
Le Gouvernement entend donc le renforcer et le consolider. Ainsi, nos régimes par
répartition doivent être pérennisés et des mécanismes d'épargnes privés ne
sauraient s'y substituer. De même, l'introduction des assurances privées dans la
couverture maladie de base est refusée par le Gouvernement, elle serait incompatible avec
la volonté du Gouvernement de promouvoir un égal accès de tous aux soins. Le retour à
l'équilibre financier de 1999 s'inscrit dans cette perspective, notre protection sociale
serait menacée si elle devait vivre à crédit.
Le Gouvernement entend approfondir les solidarités dans notre système de protection
sociale : l'instauration d'une couverture maladie universelle, les réformes de l'aide
publique apportée aux familles, la loi de lutte contre l'exclusion, le progrès dans la
couverture des maladies professionnelles témoignent clairement de cette volonté.
Enfin, la politique du Gouvernement en matière de sécurité sociale doit s'inscrire dans
la politique générale qu'il conduit en faveur de l'emploi. Après la réforme des
cotisations salariales, le Gouvernement souhaite engager une réforme des cotisations
patronales favorable à l'emploi.
A - Une politique de santé au service des populations
La politique de santé du Gouvernement s'organise autour de sept objectifs majeurs.
1. Associer nos concitoyens à la définition de la politique de la santé
Le Gouvernement étudiera l'opportunité de donner les moyens financiers aux observatoires
régionaux de la santé pour remplir correctement leurs missions.
Les questions de santé concernent les professionnels de santé, les associations, les
élus et l'ensemble de nos concitoyens. Elles sont au coeur de leurs préoccupations. Les
associer à la redéfinition de notre politique de santé est essentiel pour apporter une
meilleure réponse aux besoins, améliorer la qualité des prestations sanitaires, faire
reconnaître les aspirations et les droits des patients. En permettant un débat public
sur les enjeux de la santé, les états généraux constituent un élément essentiel de
la démocratie sanitaire que le Gouvernement entend bâtir.
2. Faire vivre et développer les droits du malade
Le malade est un citoyen bénéficiant de l'ensemble des droits reconnus à tout être
humain. Ses droits à l'information sur son état de santé, au consentement aux soins qui
lui sont prodigués et au respect de sa dignité à tous les stades de son traitement
nécessitent une plus grande sensibilisation et une formation adaptée des différents
professionnels de santé à l'exercice de ces droits.
Le développement des procédures de conciliation doit permettre aux malades s'estimant
victimes du non-respect de leurs droits de trouver le plus rapidement possible une
réponse appropriée à leur situation.
L'inégalité des malades victimes d'accidents sanitaires devant l'origine ou la nature de
ces accidents nécessite d'être étudiée ainsi que l'indemnisation de l'aléa
thérapeutique.
3. Renforcer la politique de santé publique
a) Accroître la sécurité sanitaire
Les trois institutions créées par la loi du 1er juillet 1998 - l'Institut de veille
sanitaire, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé et l'Agence
française de sécurité sanitaire des aliments - permettront de mettre en oeuvre une
politique active et cohérente de sécurité sanitaire.
La sécurité et la qualité des actes de soins seront renforcées par une politique
active de lutte contre les infections nosocomiales, par le renforcement des normes pour
les activités de soins (périnatalité, réanimation), par la diffusion de
recommandations de bonnes pratiques tant en ville qu'à l'hôpital.
Le Gouvernement s'engage à présenter au Parlement un programme de lutte contre les
infections nosocomiales dès le début de l'année 1999.
b) Accroître les efforts de prévention des causes de morbidité et de mortalité
évitables
Le Gouvernement a engagé une politique de lutte contre le saturnisme, les mesures qui
nécessitent une intervention législative ont été intégrées dans la loi de lutte
contre l'exclusion.
La prévention du suicide chez les jeunes fait l'objet d'un programme triennal de
prévention chez les adolescents et les adultes jeunes, lancé début 1998. L'objectif
retenu est de réduire de 10 % en l'an 2000 le nombre de décès par suicide.
Le Gouvernement mettra en place au début de l'année 1999 un dispositif d'informations
concernant la contraception et un programme de prévention des grossesses non désirées
des adolescentes.
La prévention des dépendances (alcoolisme, tabagisme, toxicomanie) sera renforcée.
S'agissant de l'alcool, les centres d'hygiène alimentaire et d'alcoologie seront
renforcés par leur prise en charge par l'assurance maladie à compter du 1er janvier
prochain.
Un programme national de dépistage des cancers a été engagé. La loi de financement
prévoit à cet égard la prise en charge à 100 % des actes de dépistage. Le dépistage
des cancers féminins sera généralisé dans les trois ans et le dépistage du cancer du
colon étendu. Ce dépistage reposera sur une organisation permettant un contrôle de sa
qualité à toutes les étapes.
La France a été le premier pays à rendre disponibles à l'été 1997 les traitements
prophylactiques contre le sida. Progrès majeurs pour les patients, les thérapies
antirétrovirales sont maintenant dispensées en officine de ville. Ces avancées sur le
plan thérapeutique n'autorisent aucun relâchement de l'effort en matière de prévention
et d'information.
L'année 1999 donnera lieu à un plan d'ensemble de lutte contre l'hépatite C. Ce plan se
fonde sur de nouveaux moyens consacrés à la recherche, un élargissement des campagnes
de dépistage, un accès facilité aux traitements. La politique de lutte contre
l'hépatite C sera organisée autour de pôles de références associant établissements
hospitaliers et médecins de ville.
La lutte contre le dopage est reconnue comme une priorité nationale de protection sociale
et de la politique de santé publique.
Dans le domaine de la protection de la santé des sportifs, le Gouvernement étudiera s'il
convient de procéder au remboursement de la consultation médicale nécessaire à
l'obtention de la première licence sportive. Cette préoccupation permettrait de donner
une vraie dimension de prévention à cette première consultation. Celle-ci doit
répondre à un cahier des charges précis.
c) Mieux prendre en charge la douleur et les soins palliatifs
Le Gouvernement a mis en place un plan sur trois ans pour développer les soins palliatifs
et améliorer la prise en charge de la douleur. Ces deux plans comportent à chaque fois
une information large du public, un renforcement de la formation initiale et continue des
professionnels de santé et une amélioration de l'organisation des soins. En ce qui
concerne la lutte contre la douleur, le carnet à souches sera supprimé à la fin de
l'année et remplacé par des ordonnances sécurisées qui seront utilisées pour toutes
les prescriptions. Des protocoles de traitement de la douleur, déléguant aux infirmiers
la prescription d'antalgiques, seront affichés dans les services d'urgence et de
chirurgie. Les outils permettant d'apprécier l'intensité de la douleur seront
généralisés.
d) Mieux prendre en charge la compensation du handicap auditif
Le handicap auditif est aujourd'hui maîtrisé tant par la précision audiométrique que
par l'évolution des techniques mises en oeuvre. Mais, en revanche, le cadre
réglementaire relatif à la prise en charge des matériels de compensation du handicap
auditif (audio-prothèse) reste insatisfaisant. C'est pourquoi le Gouvernement a engagé
une étude permettant de dresser un bilan des prix et des marges réellement pratiqués
dans ce secteur qui sera prochainement élargie à l'ensemble des problèmes posés par la
prise en charge actuelle de ces matériels. A partir des résultats de cette étude, des
propositions visant à améliorer la prise en charge des appareils destinés à compenser
le handicap auditif seront élaborées.
e) Développer la prévention et les soins dentaires
Sont étendues aux centres de santé et plus généralement aux structures de soins
salariés des mesures équivalentes aux dispositions régissant les actions de soins et de
prévention prévues par la convention du 18 avril 1997, en particulier l'actuel bilan de
prévention et de suivi des soins dentaires gratuits pour les jeunes de quinze ans.
f) Engager une véritable politique gérontologique
Le Gouvernement s'engage en 1999 à définir une véritable politique de gériatrie et de
gérontologie s'appuyant sur la formation de l'ensemble des personnels de santé et sur la
coordination des acteurs intervenant dans le soin aux personnes âgées.
4. Permettre à tous d'accéder aux soins
La poursuite de cet objectif suppose de stabiliser, voire d'accroître dans la mesure du
possible, les niveaux de remboursement de l'ensemble de la population mais également
d'apporter une attention particulière aux personnes exclues de l'accès aux soins.
Le Gouvernement présentera un projet de loi instaurant une couverture maladie
universelle. Dans le cadre de ce projet de loi, le Gouvernement n'entend pas se limiter à
garantir à tous les résidents une affiliation à un régime de base. Il entend permettre
réellement un égal accès aux soins en assurant, aux plus modestes, le bénéfice d'une
couverture complémentaire et du tiers payant.
Le rapport de M. Jean-Claude Boulard, parlementaire en mission, rendu public en septembre,
permet d'éclairer le choix entre les diverses options pour la mise en oeuvre du projet.
Une concertation est engagée sur la base de ce rapport avec l'ensemble des parties
prenantes à ce projet. Le Gouvernement déposera un projet de loi au cours de l'automne
1998.
5. Améliorer la sécurité au travail et mieux prendre en charge les maladies
professionnelles
Les cas de maladies professionnelles reconnues sont passés d'environ 5 000 en 1990 à 12
700 en 1996. Il n'en demeure pas moins que les maladies professionnelles sont actuellement
sous-déclarées et que la complexité des procédures contrarie leur reconnaissance.
Cette situation est inacceptable car elle fait obstacle à l'organisation de la
prévention et, pour certaines victimes, à l'exercice de leurs droits.
Le Gouvernement entend donc :
- améliorer la sécurité au travail. La protection des travailleurs contre les risques
chimiques et cancérigènes sera consolidée ; les dispositions relatives à la protection
contre les rayonnements ionisants seront réaménagées. L'action des médecins du travail
dans la prévention des risques professionnels doit être réaffirmée et développée.
Les conditions de gestion et de fonctionnement des services de médecine du travail seront
clarifiées et adaptées à partir de la concertation engagée avec les partenaires
sociaux ;
- garantir les droits des victimes. Le Gouvernement propose de revoir les règles de
reconnaissance des maladies professionnelles. La prescription qui éteint les droits d'une
victime ne doit plus courir à partir de la date de la première constatation médicale de
la maladie, mais à partir de la constatation de l'origine professionnelle de la maladie.
Les droits des victimes de l'amiante seront réouverts. Les délais de réponse aux
demandes de réparation au titre des maladies professionnelles seront raccourcis ;
- améliorer la réparation des maladies professionnelles. Le barème d'invalidité en
matière de maladies professionnelles sera rendu opposable aux caisses de sécurité
sociale. Ce document qui souffre de nombreux et importants défauts sera réactualisé ;
le Haut Comité médical de sécurité sociale en est saisi. La réparation des
pneumoconioses sera instruite selon le droit commun de la réparation des maladies
professionnelles. Les dispositions dérogatoires qui figurent actuellement dans le code de
la sécurité sociale seront supprimées. Les tableaux des maladies professionnelles
seront adaptés pour tenir compte de l'évolution des connaissances, notamment en matière
de cancers professionnels. Le tableau relatif aux lombalgies sera publié et entrera en
application. Les rentes accidents du travail seront mensualisées dès lors que le taux
d'incapacité du bénéficiaire est égal ou supérieur à 50 %.
6. Améliorer la qualité des soins et utiliser de manière optimale les ressources
consacrées à la santé
a) Médecine de ville : moderniser notre système de soins avec les professionnels de
santé
Promouvoir le juste soin, améliorer la coordination des soins entre les divers
professionnels, évaluer la pertinence des pratiques tant individuelles que collectives,
adapter l'offre aux besoins, telles sont les politiques structurelles qui permettront, en
médecine ambulatoire, à la fois d'améliorer la qualité des soins et d'utiliser de
manière optimale les ressources consacrées à la santé.
La mise en oeuvre de ces politiques doit reposer sur une politique conventionnelle forte.
Un partenariat actif entre caisses et professionnels de santé libéraux, au niveau
national mais aussi, au plus près du terrain, dans chaque circonscription de caisse, est
à cet égard nécessaire.
Le Gouvernement entend poursuivre la politique qu'il a engagée autour des axes suivants :
La connaissance de l'activité de notre système de soins ambulatoire doit être
améliorée. La réalisation d'une classification commune des actes est accélérée.
L'objectif est de pouvoir procéder au codage de l'ensemble des actes et des prestations
au cours de l'an 2000. Une commission pour la transparence de l'information médicale est
constituée afin de garantir la fiabilité et la pertinence des informations sur
l'évolution des dépenses ;
L'informatisation de notre système de santé doit être mise au service de la qualité
des soins et de la modernisation de la pratique médicale. En mettant en place une mission
pour l'informatisation du système de santé, l'Etat s'est donné les moyens d'assurer la
cohérence des initiatives diverses qui concourent à ce projet. Le réseau santé social
a été mis en place. Les applications proposées sur ce réseau vont se développer, leur
qualité sera garantie par une procédure d'agrément. Le Gouvernement proposera au
Parlement les dispositions législatives nécessaires au développement de Vitale 2 ;
L'évaluation des pratiques médicales et paramédicales doit être développée. Les
modalités d'action du contrôle médical sont en cours de rénovation. L'évaluation des
pratiques par les professionnels de santé sera développée en s'appuyant notamment sur
les unions régionales de médecins et les instances professionnelles propres aux
professions paramédicales. Le développement de l'évaluation s'appuiera sur les
recommandations de bonnes pratiques établies par l'ANAES ;
Rendue obligatoire, la formation médicale continue des médecins n'a pas connu les
développements souhaitables. Le Gouvernement proposera au Parlement les dispositions
législatives nécessaires pour lui donner une nouvelle impulsion. Une concertation est
engagée sur ce thème avec les représentants des médecins libéraux mais également
avec les médecins hospitaliers et salariés ;
Notre système de santé souffre de cloisonnements excessifs qui nuisent à la qualité
des soins et sont source de dépenses inutiles. Le Gouvernement entend soutenir et
favoriser les initiatives visant à une meilleure coordination des soins. Par ailleurs, le
développement des réseaux pouvant associer médecine de ville et hôpital, professions
médicales et paramédicales, permet d'améliorer la prise en charge des patients, de
mieux concilier proximité et sécurité. La loi de financement ouvre, en ce domaine, des
possibilités d'actions nouvelles aux partenaires conventionnels ;
L'exercice des professions paramédicales s'est profondément transformé au cours de ces
dernières années pour répondre aux besoins de la population et à l'évolution de la
science et des techniques. C'est pourquoi le Gouvernement entend clarifier les rôles
respectifs des médecins et des professions paramédicales dans la prise en charge des
malades par une adaptation des textes les rendant conformes aux pratiques et à leur
évolution souhaitable. Le Gouvernement s'engage par ailleurs à doter les professions
concernées de règles professionnelles et d'instances professionnelles propres permettant
de favoriser les conditions d'un exercice de qualité ;
Notre système de santé est trop exclusivement centré sur l'acte curatif. La loi de
financement ouvre la possibilité aux caisses de prendre en charge d'autres activités
telles que la prévention, l'évaluation, l'éducation sanitaire. Il appartiendra aux
caisses et aux professionnels de santé, dans le cadre conventionnel, de définir les
dispositifs adaptés ;
La maîtrise de la démographie médicale est essentielle pour garantir le meilleur accès
aux soins comme pour assurer la maîtrise des dépenses. Des dispositions législatives
sont proposées au Parlement pour accroître la possibilité d'action des partenaires
conventionnels en ce domaine et les autoriser à mener des politiques sélectives
adaptées à la diversité des situations.
Des moyens sont nécessaires pour promouvoir l'ensemble de ces évolutions de notre
système de soins ambulatoire. Un fonds d'aide à la qualité des soins de ville est
créé et doté de 500 millions de francs.
b) Le médicament : rationaliser la prescription et les remboursements
La France se caractérise par un niveau global de consommation de médicaments très
élevé, une surconsommation avérée pour certaines classes thérapeutiques telles que
les antidépresseurs ou les antibiotiques, un faible développement des génériques.
Cette situation est insatisfaisante au regard des exigences d'efficience de notre système
de santé et préjudiciable en termes de santé publique. Les maladies iatrogènes
représentent environ un million de journées d'hospitalisation.
Aussi le Gouvernement a-t-il engagé un ensemble de politiques structurelles visant à :
- lutter contre la surconsommation médicamenteuse. La taxe sur la promotion
pharmaceutique a été augmentée dès 1998. La politique conventionnelle conduite par le
Comité économique du médicament vise à obtenir une réduction du volume des classes
où la surconsommation est avérée. Le développement des recommandations de bonnes
pratiques permettra de réorienter les prescriptions ;
- développer les génériques. Un répertoire complet des génériques est disponible
depuis juillet 1998. Le droit de substitution accordé aux pharmaciens, sauf refus
explicite des médecins, permettra le développement de ce type de produit ;
- médicaliser le remboursement. La sécurité sociale doit concentrer ses efforts en
matière de remboursement sur les médicaments dont l'efficacité médicale est avérée.
Les critères de prise en charge des médicaments seront revus pour tenir compte tant de
la gravité de la maladie que du service médical rendu. Une réévaluation de l'apport
thérapeutique de l'ensemble des médicaments remboursables sera réalisée au cours des
trois ans qui viennent.
Pour conduire l'ensemble de ces évolutions, le Gouvernement entend s'appuyer sur une
politique conventionnelle active.
c) L'hôpital : promouvoir la qualité et adapter l'offre aux besoins
Promouvoir la qualité des soins, adapter notre offre hospitalière aux besoins, favoriser
les coopérations entre établissements et, avec la médecine de ville, améliorer
l'efficience globale du système hospitalier, tels sont les objectifs généraux de la
politique hospitalière du Gouvernement.
En particulier, dans un souci d'accroissement de la sécurité sanitaire et de qualité
des soins, la situation des professions hospitalières à forte pénibilité
(anesthésistes, urgentistes, obstétriciens) doit être prise en compte. Des
améliorations des conditions de travail de ces professions doivent être envisagées, en
particulier au regard de la législation européenne (directive 93/104/CE) sur la question
du temps de travail. Il importe d'augmenter l'attractivité de ces professions afin
d'apporter une réponse allant dans le sens des conclusions du rapport Nicolas-Duret.
La promotion de la qualité à l'hôpital passe notamment par le développement de
l'accréditation. Cette procédure permettra de vérifier sur la base d'une méthodologie
fiable le niveau de performances sanitaires des établissements. L'ANAES a établi un
référentiel d'accréditation. Il est en cours de test sur le terrain. Les premières
démarches d'accréditation débuteront en 1999.
Notre offre hospitalière doit poursuivre son adaptation. C'est dans ce souci que la
révision des schémas régionaux d'organisation sanitaire a été entreprise. Cet
exercice de planification sanitaire est conduit avec le souci d'associer étroitement à
la réflexion les établissements et leurs personnels, mais également les représentants
des usagers et les élus locaux. Il permettra une meilleure prise en compte des besoins de
santé.
La garantie offerte à tous d'un accès à des soins de qualité passe par l'organisation
de réseaux entre établissements ou entre services qui garantiront à chacun une
orientation vers une structure adaptée à son cas. Une telle organisation a été
définie pour la sécurité périnatale et la cancérologie. Le Gouvernement entend
poursuivre dans cette voie pour d'autres pathologies.
Le Gouvernement accentuera son effort de réduction des inégalités entre régions. Les
dotations régionales seront différenciées à partir des besoins régionaux, des
indicateurs sanitaires et des indicateurs d'efficience. La régionalisation de l'objectif
clinique privé, entamée en 1998, sera accentuée. De même, la réduction des
inégalités de dotation entre les hôpitaux, notamment à partir des indications fournies
par le PMSI, sera poursuivie.
Le Gouvernement présentera un rapport sur l'évolution et la place des services de
médecine non spécialisés à l'hôpital.
Le Gouvernement entend par ailleurs, en concertation notamment avec les caisses nationales
d'assurance maladie et les syndicats médicaux, poursuivre sa réflexion sur l'adaptation
de l'objectif des dépenses médicales par spécialité ou groupe de spécialités.
7. Assurer la régulation des dépenses
Le Gouvernement est convaincu que seules des politiques structurelles, destinées tant à
accroître la qualité des soins qu'à assurer une utilisation optimale des ressources,
permettront de maîtriser durablement l'évolution des dépenses de santé. Toutefois,
elles ne pourront porter leurs fruits que progressivement.
Il est donc nécessaire de maintenir des dispositifs assurant une régulation globale des
dépenses de soins, qui existent à l'hôpital depuis la mise en place du budget global en
1983 et depuis 1991 pour les cliniques privées. Il serait toutefois nécessaire
d'apprécier au plus juste les dépenses hospitalières qui ont été comptabilisées dans
le poste des prescriptions réalisées en ville.
Le Gouvernement propose dans le projet de loi de financement un tel mécanisme de
sauvegarde à partir des principes suivants :
- la responsabilité de la régulation ne doit pas reposer sur les seuls médecins. Ainsi,
l'industrie pharmaceutique sera appelée à contribuer à l'équilibre de l'assurance
maladie en cas d'évolution excessive des dépenses de médicament. De même, l'évolution
des dépenses du secteur médico-social sera encadrée par une enveloppe globale ;
- les mécanismes de sauvegarde économique sont des dispositifs d'ultime recours. Ainsi,
la loi de financement prévoit une obligation pour les partenaires conventionnels de
négocier en cours d'année pour dresser un bilan de l'évolution des dépenses et prendre
les mesures correctrices qui pourraient se révéler nécessaires ;
- le dispositif proposé pour ce qui concerne les médecins écarte toute idée de
sanction individuelle et constitue un mécanisme de régulation global traduisant la
solidarité économique des médecins et de notre système de protection sociale.
B - Rénover la politique familiale
La politique familiale du Gouvernement s'appuie sur deux convictions : la reconnaissance
du rôle des familles dans la cohésion sociale, comme lieu de solidarité et de
construction de repères pour l'enfant ; l'importance d'une politique d'appui aux
familles, fondée sur la volonté de répondre à leurs besoins et de conforter leurs
capacités à exercer leurs obligations parentales. Après une large concertation, le
Gouvernement a défini les grands axes de sa politique familiale lors de la conférence de
la famille du 12 juin.
Cette politique s'articule autour de trois objectifs :
- conforter les parents dans leur rôle éducatif. Le rôle des familles sera renforcé
dans tout processus éducatif, à l'école, dans le travail social, les activités
socioculturelles. Un réseau d'appui, d'écoute et de conseil aux parents et aux familles
sera mis en place conjointement par l'Etat et la CNAF ;
- faciliter la vie quotidienne des familles et concilier vie familiale et vie
professionnelle. Le logement est le besoin de base des familles. Afin de faciliter
l'accès des familles modestes au parc privé, les loyers plafonds de l'ALF seront
significativement augmentés dans les trois ans. Les aides des caisses d'allocations
familiales aux communes pour le développement des crèches seront accrues et mieux
orientées vers les communes les plus pauvres. Les schémas locaux de développement de
l'accueil des jeunes enfants seront généralisés. Les contrats temps libres (mis en
place par les caisses d'allocations familiales) et les contrats éducatifs locaux (mis en
place à l'initiative du ministère de l'éducation nationale) seront développés de
façon coordonnée. Le Gouvernement entend mener une réflexion sur la mise en cohérence
des divers dispositifs d'aide à la garde des enfants ;
- instaurer une politique d'aide aux familles plus juste. Après une large concertation
avec les associations familiales et les partenaires sociaux, le Gouvernement poursuit sa
démarche vers plus de justice dans l'aide aux familles en proposant de rétablir les
allocations familiales pour toutes les familles de deux enfants et en plafonnant
l'avantage fiscal lié au quotient familial. L'impôt sur le revenu jouera ainsi
pleinement son rôle dans la redistribution des revenus et l'universalité des prestations
familiales sera rétablie. Les allocations familiales seront étendues pour tous les
enfants à charge de leurs parents jusqu'à l'âge de vingt ans. L'ARS sera versée à
toutes les familles d'un enfant. Les partenaires de la politique familiale doivent engager
une réflexion sur la modulation de l'ARS en fonction de l'âge de l'enfant afin de tenir
compte du coût effectif de la scolarité. Les titulaires du RMI percevront les
majorations pour âge. Les majorations pour âge seront exclues des ressources prises en
compte pour calculer le revenu minimum d'insertion. Le Gouvernement entend mener une
réflexion en profondeur sur les jeunes adultes pour définir un dispositif adapté aux
besoins de cette population qui prenne en compte son nécessaire cheminement vers la
pleine autonomie.
Pour mettre en oeuvre cette politique, à la fois ambitieuse, durable et cohérente, le
Gouvernement a mis en place une délégation interministérielle chargée d'animer et de
coordonner l'action de l'ensemble des pouvoirs publics et d'être l'interlocuteur des
associations familiales et de toutes les parties prenantes de notre politique familiale.
C - Faire face au défi du vieillissement
1. Consolider nos régimes par répartition
La situation financière de nos régimes de retraite est déséquilibrée. Ceux-ci devront
faire face à partir de 2005 à l'arrivée à l'âge de la retraite des générations
nombreuses nées après la Seconde Guerre mondiale.
Le Gouvernement entend aborder les évolutions nécessaires de nos régimes de retraite
sur la base d'un diagnostic précis des problèmes auxquels ils sont confrontés.
L'élaboration de ce diagnostic a été confiée au Commissariat général du Plan. Il
portera sur l'ensemble des régimes de retraite. Les partenaires sociaux et les
représentants des régimes sont associés à l'établissement de ce diagnostic afin que
l'ensemble des hypothèses qui conditionnent l'avenir de nos systèmes de retraite soient
prises en compte.
C'est sur la base de ce diagnostic partagé que pourra s'ouvrir un dialogue sur les
réformes à entreprendre.
Le Gouvernement prendra les décisions qui s'imposent, guidé par la volonté :
- de préserver notre système de retraite par répartition, garant de solidarités
essentielles entre actifs et retraités ;
- de rechercher une meilleure équité tant entre les générations qu'entre les régimes
de retraite.
Dès à présent, pour consolider nos régimes par répartition, un fonds de réserve est
créé. Doté initialement de 2 milliards de francs, ce fonds pourra recevoir d'autres
apports de ressource dès le courant de l'année 1999.
La loi n° 97-277 du 25 mars 1997 créant les plans d'épargne retraite ne constitue pas
une bonne solution pour l'avenir de notre système de retraite ; elle favorise clairement
les salariés aux revenus les plus élevés, privilégie une approche individuelle et
fragilise les comptes de la sécurité sociale. Elle va à l'encontre de la politique
qu'entend mener le Gouvernement dans le domaine des retraites. En conséquence, le
Gouvernement proposera au Parlement en 1999, dès qu'un support législatif le permettra,
l'abrogation de cette loi.
2. Améliorer la prise en charge de la dépendance
La dépendance physique ou psychique touche aujourd'hui en France environ 700 000
personnes âgées. Ce chiffre est appelé à croître du fait de l'augmentation du nombre
de personnes âgées. Dès l'an 2000, nous atteindrons un million de personnes de plus de
quatre-vingt-cinq ans.
Or, les dispositifs actuels de prise en charge de la dépendance à domicile et en
établissement apparaissent inadaptés. Ils relèvent de plusieurs autorités publiques,
ils sont très complexes, bureaucratiques et mal coordonnés.
La loi du 24 janvier 1997 qui a créé la prestation spécifique dépendance (PSD) ne
constitue pas une réponse à la hauteur des besoins. De plus, sa mise en oeuvre, au vu du
rapport rendu public par le Comité national de coordination gérontologique, ne parait
pas pleinement satisfaisante, notamment du fait des inégalités de traitement en
résultant selon les départements.
D'ores et déjà, les dispositions législatives nécessaires ont été prises pour
permettre d'atténuer les différences excessives entre les montants de PSD fixés par les
conseils généraux pour les personnes âgées dépendantes accueillies en établissement.
Ce montant minimal ne prendra toutefois tout son sens que lorsque la réforme de la
tarification des établissements pour personnes âgées dépendantes sera effective. Cette
réforme, dont les décrets devraient paraître cet automne, permettra de clarifier ce
qui, dans les tarifs, relève de l'hébergement, de la dépendance ou des soins.
Par ailleurs, dans le cadre d'une politique globale de prise en charge des personnes
âgées, il conviendra aussi d'améliorer les conditions de fonctionnement et de
financement des dispositifs d'aide à domicile à la suite du rapport de l'inspection
générale des affaires sociales et de l'inspection des finances.
D - Favoriser l'insertion des handicapés
Le Gouvernement conduit une politique pour l'intégration des personnes handicapées qui
prend en compte de manière globale, à tous les âges de la vie, les différents aspects
de l'existence et de la vie quotidienne. Cette politique s'articule autour de trois axes
principaux :
- une socialisation et intégration des jeunes handicapés aussi précoces que possible,
en améliorant notamment leur niveau de formation générale et en modernisant les
dispositifs de formation professionnelle initiale de droit commun et spécialisés ;
- le développement des différents modes de soutien dans la vie à domicile et la vie
sociale, par un accès facilité aux aides techniques et par un élargissement des
missions des services et des établissements spécialisés ;
- la nécessité d'apporter parallèlement une réponse adaptée et durable à
l'insuffisance chronique de solutions d'accueil pour les personnes lourdement
handicapées. Le Gouvernement a souhaité inscrire cet effort dans la durée en prévoyant
un programme pluriannuel (1999-2003) de création de 5 500 places supplémentaires de
maisons d'accueil spécialisées et de foyers à double tarification, de 8 500 places de
centres d'aide par le travail et de 2 500 places d'ateliers protégés. Ce plan est
destiné notamment à mettre définitivement un terme à la situation des jeunes adultes
maintenus, faute de places, dans des centres pour enfants. Les capacités rendues ainsi à
nouveau disponibles dans le secteur médico-éducatif devront être mobilisées en
priorité au profit des prises en charge présentant aujourd'hui le plus de difficultés
(polyhandicap, autisme, handicaps rares) ou méritant d'être encore développées
(services de soins et d'éducation à domicile). Par ailleurs, seront poursuivis les
programmes portant sur des formes spécifiques de prise en charge encore insuffisamment
développées (autisme, traumatisés crâniens, services de soins et d'éducation
spécialisée à domicile en appui à l'intégration scolaire).
E - Assurer l'équilibre du régime général et réformer son mode de financement
1. Assurer l'équilibre du régime général
Une sécurité sociale en déficit est une sécurité sociale affaiblie.
Le Gouvernement a entrepris le redressement du régime général. Le déficit passe de
plus de 33 milliards en 1997 à 13 milliards en 1998. L'équilibre devrait être atteint
en 1999 pour la première fois depuis 1985. Ce redressement, facilité par la croissance,
tient pour l'essentiel aux mesures prises dans le cadre de la loi de financement pour 1998
qui ont réduit de 21 milliards le déficit tendanciel du régime général.
2. Réformer le mode de financement de la protection sociale pour favoriser l'emploi
Une réforme d'ampleur a été engagée pour le transfert des cotisations maladie vers la
CSG. Cette réforme a permis :
- un accroissement du salaire net de 1,1 % pour la grande majorité des salariés ainsi
qu'un accroissement du revenu de la grande majorité des travailleurs indépendants ;
- un rééquilibrage très important des contributions respectives des revenus du travail
et des revenus financiers.
Cette réforme d'équité qui a contribué au soutien de la consommation et de la
croissance doit se prolonger par une réforme des cotisations patronales.
Le Gouvernement souhaite engager une telle réforme avec pour objectif d'assurer un
financement de la protection sociale plus juste et plus favorable à l'emploi.
Cette réforme doit s'effectuer sans en faire supporter le coût aux ménages et sans
accroître globalement les prélèvements sur les entreprises. Cette réforme aura pour
objet de stabiliser le financement de la protection sociale afin d'en assurer la
pérennité, en recherchant une assiette moins sensible aux variations de la masse
salariale des entreprises.
La concertation avec les organisations d'employeurs et de salariés sera poursuivie en vue
d'en fixer les orientations et les modalités précises avec l'objectif d'aboutir à un
projet de loi au premier semestre 1999.
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